Primaires de la gauche : Deux candidats en désaccord profond

Le débat qui s’est déroulé de manière cordiale a démontré que les deux candidats avaient des propositions très opposées, notamment dans le domaine économique.

L’un, Benoît Hamon, veut tourner le dos à l’ordre ancien, aux solutions qui ne marchent pas et apporter un futur désirable. IL considère que la lutte contre le chômage a échoué et que dans l’avenir la révolution numérique réduira le nombre d’emplois. De ce fait il propose une nouvelle protection sociale à travers un revenu universel, un partage du travail, une VIème république et une conversion écologique de notre économie.

L’autre, Manuel Valls, veut porter une société du travail et mieux protéger les Français. Selon lui, le travail ne va pas disparaître mais prendre d’autres formes dont la mutation doit être accompagnée par la formation. Il considère que les propositions de son adversaire ne sont tout simplement pas crédibles.

Benoît Hamon, citant le rapport de l’OCDE selon lequel  10% des emplois en France sont menacés d’ici 2022 par la révolution numérique, pense que la raréfaction du travail a commencé, mais ne veut pas entendre parler de ce qui se passe à l’étranger en Allemagne ou au Royaume-Uni, à savoir le plein emploi. Il propose d’encourager la réduction du temps de travail (32H) sans baisse de rémunération.

Manuel Valls considère qu’il y a un problème de compétitivité dans notre économie mais pas une raréfaction du travail  et qu’il faut préparer l’avenir vers de nouveaux modes de travail. Pour lui, le revenu universel c’est un message de découragement et d’abdication vis-à-vis du travail.

Rappelons que le coût du revenu universel de 750 € par mois versé à toutes les personnes de plus de 18 ans, représente 450 milliards d’Euros.

Selon Benoît Hamon, le revenu universel c’est une cible. Dans un premier temps, il faut cibler  les 18-25 ans  pour un coût de 45 milliards d’Euros. Il n’y aura pas de coût pour l’état mais un transfert de richesse par un impôt sur l’actif net du patrimoine.

Le coût à terme de 450 milliards d’Euros pris sur le patrimoine (environ 10.000 Milliards d’Euros) représente une ponction égale à 4,5 % par an,  qui pourrait assécher le patrimoine des Français en 20 ans.

Dans son discours, Benoît Hamon parle alternativement des finances et de l’environnement en mutualisant l’air que l’on respire et la fiscalité. Il mélange la dette financière et celle de l’environnement qui seront transmises à nos enfants et considère que seule la dette écologique est importante. Il ne veut pas apparemment entendre parler de la dette financière de la France qui est de 2.200  milliards d’Euros.

La conclusion de ce grand écart sera apportée dimanche par le vote des primaires de la gauche.

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