• Accueil
  • > Archives pour janvier 2017

Archive pour janvier 2017

Primaires de la gauche : Deux candidats en désaccord profond

Samedi 28 janvier 2017

Le débat qui s’est déroulé de manière cordiale a démontré que les deux candidats avaient des propositions très opposées, notamment dans le domaine économique.

L’un, Benoît Hamon, veut tourner le dos à l’ordre ancien, aux solutions qui ne marchent pas et apporter un futur désirable. IL considère que la lutte contre le chômage a échoué et que dans l’avenir la révolution numérique réduira le nombre d’emplois. De ce fait il propose une nouvelle protection sociale à travers un revenu universel, un partage du travail, une VIème république et une conversion écologique de notre économie.

L’autre, Manuel Valls, veut porter une société du travail et mieux protéger les Français. Selon lui, le travail ne va pas disparaître mais prendre d’autres formes dont la mutation doit être accompagnée par la formation. Il considère que les propositions de son adversaire ne sont tout simplement pas crédibles.

Benoît Hamon, citant le rapport de l’OCDE selon lequel  10% des emplois en France sont menacés d’ici 2022 par la révolution numérique, pense que la raréfaction du travail a commencé, mais ne veut pas entendre parler de ce qui se passe à l’étranger en Allemagne ou au Royaume-Uni, à savoir le plein emploi. Il propose d’encourager la réduction du temps de travail (32H) sans baisse de rémunération.

Manuel Valls considère qu’il y a un problème de compétitivité dans notre économie mais pas une raréfaction du travail  et qu’il faut préparer l’avenir vers de nouveaux modes de travail. Pour lui, le revenu universel c’est un message de découragement et d’abdication vis-à-vis du travail.

Rappelons que le coût du revenu universel de 750 € par mois versé à toutes les personnes de plus de 18 ans, représente 450 milliards d’Euros.

Selon Benoît Hamon, le revenu universel c’est une cible. Dans un premier temps, il faut cibler  les 18-25 ans  pour un coût de 45 milliards d’Euros. Il n’y aura pas de coût pour l’état mais un transfert de richesse par un impôt sur l’actif net du patrimoine.

Le coût à terme de 450 milliards d’Euros pris sur le patrimoine (environ 10.000 Milliards d’Euros) représente une ponction égale à 4,5 % par an,  qui pourrait assécher le patrimoine des Français en 20 ans.

Dans son discours, Benoît Hamon parle alternativement des finances et de l’environnement en mutualisant l’air que l’on respire et la fiscalité. Il mélange la dette financière et celle de l’environnement qui seront transmises à nos enfants et considère que seule la dette écologique est importante. Il ne veut pas apparemment entendre parler de la dette financière de la France qui est de 2.200  milliards d’Euros.

La conclusion de ce grand écart sera apportée dimanche par le vote des primaires de la gauche.

Primaires de la gauche : Des propositions à l’opposé des règles économiques

Dimanche 22 janvier 2017

 

Les débats bien organisés ont d’abord montré que les candidats avaient avant tout un but, celui de rassembler et de faire gagner la gauche. En clair, pas de vague et pas de dispute.

Cela semble logique quand plusieurs candidats n’ont pas souhaité participer à ces primaires pour se présenter eux-mêmes directement à l’élection présidentielle.

D’un mot les candidats, qui ont tous soutenu François Hollande et dont 5 ont été ses ministres, ont une opinion négative  des 5 ans de gouvernement socialiste.

Par contre, quand il s’agit de parler de gagner  l’élection présidentielle,  les candidats s’animent et ont les idées claires en proposant le rassemblement.

Mais ce n’est pas le plus étonnant. Ce qui surprend ce sont les propositions des candidats à l’opposé des réformes nécessaires au redressement de notre pays.

A les écouter on a l’impression que les candidats manquent de réalisme au regard du problème de l’emploi. Ils proposent  des solutions qui ne sont qu’une alternative au chômage, à savoir donner de l’argent mais pas d’emploi.

En effet comment peut-on proposer un revenu universel qui prévoit de donner une rémunération à vie à tous les français pour un coût qui pourrait atteindre entre 300 et 500 Milliards d’euros ?

D’abord c’est un formidable aveu d’échec face au chômage et à la pauvreté alors que d’autres pays comme l’Allemagne, le Royaume-Uni, les Etats-Unis sont pratiquement au plein emploi. Mais aussi un message contre-productif pour ceux qui pensent que pour vivre il est nécessaire de travailler.

Ensuite comment un tel montant, supérieur au budget de l’état,  pourrait-il être financé ?

Peut-être en ruinant les personnes les plus riches et les classes moyennes, ce qui  les ferait fuir avant même la mise en place du système. Dans un monde mondialisé comme aujourd’hui tout est possible.

Comment peut-on également proposer une sécurité sociale universelle alors que le budget de la sécurité sociale est déficitaire depuis plus de 10 ans, nécessitant un financement par une augmentation de la dette.

Face à ces avancées irréalistes, les candidats qui mettent en avant le travail plutôt que l’assistanat paraissent les plus crédibles, bien qu’ils ne font eux-mêmes  aucune proposition réelle pour changer de cap, retrouver la croissance et le plein emploi.