La vérité sur le débat Fillon-Juppé

Le débat a été de bonne tenue mais sans concession. Les deux candidats ont toutefois bien  montré qu’ils faisaient partie de la même famille politique.

Ils ont sans doute tous les deux une stature présidentielle. Mais comment définir une stature présidentielle ?

Depuis le Général de Gaulle qui a été celui qui a le mieux incarné la France, Les différents présidents qui lui ont succédé nous ont parfois déçu.

Sans faire l’énumération de toutes les qualités nécessaires à  un chef d’état, il est possible d’identifier quelques éléments qui donne une image positive à la fonction, comme par exemple : la dignité, l’honnêteté, la franchise, l’éthique, la capacité d’analyse et de projection dans le futur, l’écoute et le respect des autres, la culture générale et économique, l’énergie et la capacité à agir, …….)

Ce sont ces premiers éléments qui doivent commencer à orienter notre choix et qui induisent notre sentiment personnel.

Ensuite il y a le programme du candidat, reflet pour une part importante de ses qualités personnelles, qui engage le pays dans une voie de redressement, de stagnation, voire de déclin.

Sur le plan des réformes qui s’avèrent nécessaires pour notre pays, François FILLON propose un programme de réforme ambitieux plus convaincant en terme d’efficacité mais qui pourrait peut-être, comme le dit son adversaire, créer un blocage.

Alain JUPPE propose lui un programme sans doute plus raisonnable face au risque de contestation sociale mais qui, selon les mots de son adversaire, ne suffira pas à sortir notre pays des difficultés actuelles.

Afin d’établir la vérité, il convient d’analyser les éléments essentiels de chacun des programmes et d’en apprécier les conséquences.

Tout d’abord, gardons bien à l’esprit que la mondialisation a joué un rôle important dans la transformation de notre pays et que le manque d’adaptation ne nous a pas permis de remonter la pente, notamment après la crise de 2008, comme certains pays ont pu le faire.

Au lieu de créer des emplois, nous avons assisté à une destruction constante de l’emploi en espérant un hypothétique retournement du cycle économique et un retour de la croissance.

Pour préserver ce que l’on appelle généralement les avantages acquis, le pays a dû s’endetter encore plus, risquant ainsi d’hypothéquer notre avenir.

Essayons déjà de commencer par l’analyse des principales mesures économiques.

Hausse de la TVA

La TVA représente 145 Milliards d’euros dans le budget de la France, soit environ 50% des recettes perçues par l’état en 2015.

L’augmentation de 1% de la TVA proposée par Alain Juppé représente 6,5 mds €, celle de 2% proposée par François Fillon représente 14,5 mds €. Faut-il encore moduler ce chiffre de la TVA au taux réduit sur les produits de première nécessité qui ne serait pas concernée par la hausse.

Affectées aux charges sociales des entreprises dans une TVA sociale, les nouvelles recettes de TVA ne devraient pas occasionner une augmentation des prix à la consommation, surtout en période de déflation. Dans ce cas, la hausse de la TVA permettrait de rendre moins attractifs les produits en provenance des pays à bas coût et faciliterait le redressement du déficit budgétaire de la France.

En plus de cette hausse, une lutte efficace contre la fraude à la TVA, qui est estimée à plus de 15 mds €, donnerait encore plus de marge de manœuvre aux candidats.


Baisse des charges sociales

La réduction des charges sur les bas salaires comprend déjà actuellement la réduction Fillon (28% des salaires de façon dégressive jusqu’à 1,6 fois le SMIC) et le CICE (6% des salaires jusqu’à 2,5 fois le SMIC).

Une simplification du système pour plus de lisibilité et un signal fort sur le montant de la baisse des charges sociales à destination des entreprises aideraient les entreprises à prendre la décision d’embauche.

Réduction du nombre de fonctionnaires et augmentation du temps de travail

L’enjeu est important car plus d’1 Français sur 5 en situation de travail exerce pour l’Etat, la fonction publique hospitalière ou les collectivités locales.

La part des fonctionnaires dans la population active est en France de 21,9 %, bien supérieure aux autres pays de l’OCDE (15,5%) dont l’Allemagne (10,6%). Selon l’Observatoire des gaspillages, si la France se situait dans la moyenne de l’OCDE, Il conviendrait de réduire le nombre de fonctionnaires de 1 600 000 personnes qui représentent aujourd’hui un coût supplémentaire de l’ordre de 48 Milliards d’euros.

François Fillon propose une réduction de 500.000 fonctionnaires, correspondant à un passage du travail des fonctionnaires de 35 à 39 H.

Alain Juppé propose quant à lui une réduction de 250.000 fonctionnaires.

Les enjeux doivent nous montrer la direction à suivre.

 

Fin des 35 Heures dans le secteur privé et passage de l’âge la Retraite à 65 ans

Les deux candidats proposent la fin des 35 heures dans le secteur privé et le passage de la retraite à 65 ans.

Ces mesures s’imposent afin d’améliorer la compétitivité des entreprises et de sauver le régime des retraites.

 

 

Une réponse à “La vérité sur le débat Fillon-Juppé”

  1. lemaitre dit :

    Un commentaire solide d’une qualité pédagogique indéniable qui demeure objectif et offre au lecteur un précieux éclairage sur les différents aspects économiques et politiques du débat. Merci.

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